lundi 2 juin 2008

7 faits qui prouvent que vous êtes restés trop longtemps en RCI :

J'arrive au terme de mon périple, et après une longue mais constante réflexion sur moi-même et sur ce merveilleux pays qu'est la Côte d'Ivoaarehgh, je suis prêt à vous livrer cette façon de bilan qui met en exergue les points caractéristiques qui définissent une psyché lambda soumise à une trop forte dose d'ivoirité.
Bien sûr, ça ne me concerne pas directement, je suis doté d'une psyché nettement plus avancée que celle dont la vulgate est équipée. Aussi, j'ai une grosse bite.

Behold :

Vous attrapez une diarhée :
La notion d'hygiène n'étant que très légèrement plus floue que la photo d'une ombre prise de nuit par temps de brouillard alors que votre voiture filait à 120 et qu'il y avait de la buée sur l'objectif, votre estomac s'est fortement aguerri durant votre séjour. A la première bouchée de notre nourriture aseptisée, il réagit violemment, se cabre, vitupère, intimement persuadé que vous le prenez pour une tafiole.

Bonus : vous attrapez aussi le palu, car vous êtes le dernier des crétins et que vous arrêtez de prendre la Paludrine, une fois rentré en France.

Vous vous ridiculisez dans les magasins :
Initié aux arcanes du commerce à l'ivoirienne, vous compter dépenser la mirobolante somme que vous avez durement méritée sans vous faire avoir. Confiant et serein, vous vous dirigez vers la FNAC la plus proche et demandez à voir les derniers ordinateurs portables. Le vendeur vous propose un superbe modèle Toshiba à 1749,99 euros. Vous éclatez d'un grand rire méphistofélique, et, d'une claque sur l'omoplate du jeune homme, vous déclarez "Couz' ! Pas à moi, ça vaut pas 700 euros ton truc, je l'ai vu chez un collègue à toi pour 800".

Bonus : vous essayer de le payer en rations et bouteilles de Cristalline.

Votre conduite se détériore :
Complètement rodé aux subtiles "règles" de la conduite ivoirienne, dont la complexité et le chaos ne sont qu'épisodiquement égalés par les turbulences subatomiques du monde quantique, vous reprenez confiant et serein le volant de votre voiture. Imprégné des coutumes d'un peuple qui a érigé le klaxon comme mode de communication privilégié et que les concepts quelque peu abstraits de "auto-école", "feu rouge" et "pot catalytique" n'ont pas totalement pénétrés, vous provoquez le plus grand carambolage de l'histoire de l'existence. Le jeune brigadier Julien Perruchon, 19 ans, filme votre arrestation et la vidéo sur Youtube dépasse les 3 millions views.

Bonus : quand l'équipe du GIPN s'approche de vous pour vous interpeller, vous leur tendez votre carte d'identité militaire enroulée dans un billet de 5 euros avec un clin d'oeil complice.

Vous êtes désorientés en boîte :
Fin connaisseur du fameux quartier réservé aux militaires français pour leurs sorties (dit Zone 4), de ses sombres alcôves et de ses filles faciles, vous vous rendez confiant et serein au Coco Bongo NIghtclub.
1) "C'est fermé ? Mais putain on est samedi soir !" ragez-vous en regardant votre montre qui indique 19h24.
2) "C'est pas possible" vous jette du haut de son neurone le videur, après un rapide coup d'oeil sur vous et vos 13 potes.
3) "non vous ne pouvez pas voire à volonté pour 15 euros" vous explique gentiment la serveuse.
4) Eberlué, vous constatez que les jolies filles ne viennent pas vous parler et encore moins s'asseoir à vos côtés.
5) "PAF" vous gifle Véronique, que vous avez abordé en lui demandant, tout sourire, si elle suçait pour 5000.

Bonus : Véronique, disposant d'une vaste culture générale, sait que 5000 francs CFA valent tout juste 7,50 euros et vous enchaîne d'un coup de genou bien placé, avant d'appeller le videur.

Vous provoquez un incident diplomatique :
Traumatisé par vos tours de garde dans les miradors entourant le camp du 43è BIMA, vous foncez, confiant et serein, devant la grille de l'ambassade de la RCI pour leur rendre la pareille. Vous essayez d'engager la conversation avec le gardien, puis vous réclamez de l'argent, de l'eau, de la nourriture, tout ce qu'il porte sur lui avant de lui proposer du cannabis, des téléphones portables, des bon plans et des femmes.
Devant son manque flagrant de réaction, vous le traitez de raciste et vous lui expliquez en termes sybillins qu'il doit rentrer chez lui, que sa maman rentrait tard le soir, qu'il a un net penchant pour les hommes et autres billevesées. En fin de compte, vous lui balancez des cailloux en travers de la poire ainsi qu'une bouteille pleine de pisse. Rageur et frustré, vous partez après avoir chié au milieu de la rue, coursé par la police.

Bonus : vous chiez au milieu de la rue, certes, mais dans un sac plastique promptement lancé à la tête du gardien.

Vous devenez raciste :
Oh yeah ; ça, c'est fait : D

Bonus : raciste au point de réclamer le retour de la RCI au sein de l'AEF.

Vous oubliez votre code de Carte Bleue :
Cela fait désormais 5 mois que vous payez en liquide. Un mois avant votre départ, vous vous rendez compte que vous avez complètement zappé ce putain de code de mes couilles et que vous ne l'avez marqué nulle part. Vos frères d'armes se foutent de votre gueule et vous espérez désespérement que ça va vous revenir quand vous aurez un clavier sous la main, PARCE QUE SINON JE SUIS DANS LA MERDE AAAAAH BOUHOUHOU JE SUIS LE ROI DES CONS !

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vendredi 30 mai 2008

Last but not Least

Hey !
ça pue la fin, mes amis, ça pue la fin ! Enfin, je dis, vous n'êtes bien sûr pas mes amis. J'ai une fierté, merci.
Toujours est-il qu'à 5 jours du retour en France, je ne pense qu'à une chose, le retour en France. J'ai mentionné le fait que je rentrais dans 5 jours ? C'est parce que dans 5 jours, je rentre.

Bref.

Dans 5 jours je rentre, donc, mais ça ne m'empêche pas de vous raconter un peu la dernière semaine, à Lomo Nord, qui ma foi fut fort agréable. Et ça vous fera quelque chose à vous mettre sur la dent en attendant mon retour (dans 5 jours).

La sympathique activité majeure de la semaine était le tir, non plus au canon toutefois. Dans un souci constant de vous proposer un blog "carré" (terme qu'affectionnent particulièrement les militaires. Car oui, je suis militaire. Et je rentre dans 5 jours), je vais détailler jour par jour :

Le dimanche soir :
Le dimanche soir, en préparant les bandes de munitions de 7.62 mm, j'ai encore une fois eu la preuve flagrante de la présence d'une bordure consistante de nouilles autour de mon rectum. Je ne détaillerai malheureusement pas, mais qu'est-ce que c'était marrant. ça vous avance beaucoup, hein ?

Le lundi :
Rah, le lundi, tir FAMAS, et putain qu'est-ce qu'on s'est fait plaisir : parcours de tir en trinôme, avec trois groupes de cibles à détruire, et des bon moments mythos. Déjà, pour se mettre dans l'ambiance, et puis, parce qu'il est très, très rare de tirer 4 chargeurs pleins (100 cartouches). Ce con de fusil fumait littéralement et j'étais plus au moins shooté à la poudre. Et mytho aussi car pour une fois, on avait le petit pistolet automatique habituellement réservé aux cadres et officiers.
Et, une fois à court de bastos, laisser pendre son fusil tout en dégainant son pistolet a un petit côté Matrixo-Bagdad tout à fait roxxatif : D
Les résultats étaient pris par équipe, et malheureusement on a fini pas derniers mais presque. Oh, ce n'était évidemment pas la faute de votre serviteur, mais quand certains ne placent que 2/3 balles sur un chargeur de 25, à 30 m... c'est ballot.

Hors-cadre : toutes mes balles dans les cibles.


Rigolez, il s'agit pourtant d'une des plus confortables positions pour le tir. Oui, on nous apprend ça.

Le mardi :
Mardi, la journée était consacrée au tir mitrailleuse, dont je n'ai ni photo ni vidéo car je suis la reine des quiches, mais aussi au tir de ces deux bestioles :


Le FrF2, fusil des tireurs de précisions, pas mal de punch et on se croirait dans Stalingrad avec le vieux système de rechargement à la main. Sauf que dans Stalingrad, ils touchaient leur cibles.

Oui, bon, commencez pas à bavocher, c'est l'armée française, ceci est une réplique ne tirant que du 9 mm. C'est pour s'entraîner : /

Le Wednesday :
Oh ben ça alors, c'est con, l'autre unité a laissé 1000 cartouches derrière elle, ce serait dommage de pas en profiter...
Vive les tirs non prévus ! Cette fois, tir de précision à 100m, plus question de jouer le mytho mais plutôt d'en mettre le maximum dans le 10. 50 bastos seulement, et seules les 20 dernières comptaient. J'ai donc pu constater que je n'avais pas perdu la main, réalisant un score plus qu'honorable, 170 (sur 200).

Voilà, c'est tout ! J'avais prévenu qu'il n'y aurait pas grand chose. Ah et vous vous doutez que le nettoyage de ma pupuce fut tout aussi épique que le tir lui-même...

C'est sur ces quelques lignes aussi bien écrites que l'ensemble des articles précédents que s'achève celui-ci, et vous me retrouverez pas avant le retour sur le sol de la Mère Patrie (dans 5 jours). Je vous laisse avec cette vidéo qui résume tout à fait mon état d'esprit et mon bilan personnel de cette mission :

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Also, on est passé en notation de fin de mandat, hier, et, mais vous n'en doutiez pas, je fus félicité.
Bye !

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samedi 17 mai 2008

Encore plus au nord (2) :

Re ! Tout le monde a en tête la rusticité de la vie qui m'attendait, magistralement explicitée dans l'article précédent ?
Oubliez. Vous auriez du vous douter que ça se passe pas comme ça avec moi. J'ai la gueule d'un lapin de six semaines ? Merci.

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L'école désaffectée ? Nope, on a dégoté une brave auberge dans Niofoin même, qui n'avait pas vu de clients depuis 2002. Forcément, on a eu du mal à dormir entassés... à 2 ou 3 par bungalow.
Laissez tomber les citernes, elles ne risquaient pas de servir, il y avait l'eau courante, la douche, et les WC dans les piaules. Quant à l'électricité, on disposait carrément de la clim' : D
Les rations, elles, s'échangeaient pour bien moins que dans le sud, mais suffisamment pour assurer les appros quotidiennes de fruits, légumes, et surtout viande. Oh, la viande. Chevreau, porcelet à la broche, poulets braisés, brochettes... que du 100% bio.


Je vous plains, vous n'avez même pas l'odeur...

Les bouteilles de Cristaline furent de leur côté vite complétées par leurs copines Flag, Fanta, Coca et autre. Hé, quand on emmène deux frigos et une méga-glacière, autant en profiter !
Quant à l'harassant labeur quotidien, heu... alors, harassant, non, labeur, non, et quotidien, non plus. Une patrouille dans les alentours par jour, et basta. Ce qui n'occupait même pas les 2/5è des effectifs, et je vous laisse donc imaginer l'intense productivité des 3/5è restants, dont je faisais partie (à part deux pauvres matinées).


On est en place où on ne l'est pas. A gauche, les bungalows, à droite notre minibar Custom.

Mais alors, me direz-vous, qu'ai-je bien pu branlé ? Rien. Roh putain ouais, rien. Ah si, à un moment, j'ai tourné la broche. Et j'ai débarassé la table ! Et j'ai mangé, oh, ce que j'ai mangé. Presque autant que ce que j'ai dormi. Juste en dessous, ex aecquo, le bronzage et le pompage.

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Ci-dessus, je fais d'une pierre trois coups, prouvant tout à la fois que OUI JE BOSSE, NON je ne sais pas piocher du tout, les manches de pioches sont inadaptés aux grandes tailles.

Hélas, il y a bel et bien une justice. Tout se paye, et la fatidique journée du 14 Avril, je rachetai dans la souffrance ma paresse. A deux reprises.
- En laissant 10cm² d'un mollet par ailleurs puissant et généreux sur le pot d'échappement d'une saloperie de mobylette (ah je vous avais pas dis ? On en avait loué une aux gendarmes du coin, ça donne un genre quand on se balade dans le village). Il se trouve que c'était la première (et la dernière) fois que je montais sur un deux-roues à moteur. Je grimpe à l'arrière, je subis ma glace comme un bon gros psycho pendant les cinq minutes nécessaires pour faire l'aller-retour au centre du village, et, en redescendant, tel le roi des connards, je me brûle sur ce con de pot de merde. J'ai même pas eu droit aux soins de la (jolie) infirmière qui nous accompagnait (ah ça non plus j'avais pas dis ?).


Bien cachée sous nos fesses, la mobylette. Bien cachée sous mon treillis, la brûlure.

- Quelques heures après, et alors que les 14 mètres cubes de biafine n'avait pas totalement pénétré ma chair meurtrie, je, j'ai... bon, je sais pas ce qui m'a pris, et me demandez pas de détail, mais je me suis taillé avec un ciseau à ongle. La décence et ma fierté m'empêchent de préciser plus avant la localisation de la blessure. Mais c'était loin des ongles.

Passons.

Allez, quelques anecdotes en vrac, comme le "footing" avec les gendarmes ivoiriens, qui a pu mettre à mal le stéréotype tenace du Noir doté de deux coeurs et trois poumons. Bon, peut-être qu'avec des baskets, nourris, hydratés et tout, ils auraient mieux couru, mais ça ne nous regarde pas.

Oui, le mec en béret a couru avec. Ils sont pas tranquilles.

Le coup du général multi-étoilé, patron de toutes les forces françaises en RCI, qui débarque à Niofoin pour dire coucou et qui croise deux collègues sur la mobylette, sans casque ni béret, c'était pas mal non plus.
"mes respects mon général"
"vous êtes soldats français ?"
"heu... oui mon général"
"et vous n'avez pas de casque ?"
"heu... non mon général"
"elle est à qui cette mobylette ?"
"heu... on l'a loué aux gendarmes"
"oui et bien vous filez la leur rendre et vous rentrez à pied"
"reçu mon général"
Inutile de dire qu'ils ont gardé la mob, non, mais.
Ensuite, et bien, les plus assidus se souviendront des cinés-quartiers, à Abidjan. Il se trouve qu'on en compait une équipe, parmi nous, avec tout son matos. Regarder Transformers sur un écran de 4x3, en plein milieu de nulle part, ça a quelque chose de surréaliste et d'éminement roxxatif.

Voilà, rien de bien intéressant concernant le voyage retour, à part les deux chèvres rapportées par d'autre pelotons (!). Profitez bien de tout ça, parce qu'il ne me reste que trois semaines sur le territoire, et à part une semaine à Lomo Nord comportant un tir FAMAS, il n'y aura rien d'excitant à vous mettre sous la dent !

Je vous laisse sur ces photos en vrac :
Le peloton au complet avec la brave aubergiste, Elisa, au milieu.
Oui, les autres pelotons ont ramené deux chèvres Oo.
Alors là, j'ai aucune explication valable. La proximité avec le Mali et le Sahara : / ?
Cette photo est censé dissiper certains préjugés concernant l'osmose bière/soldat.
Ah forcément ça marche moins bien comme ça. Et on a pas l'air con, au milieu de la route, quand le général passe (mais non je suis pas un chat noir).
Village typique. Les trucs bizarres, ce sont des espèces de silos fourre-tout.
Et oui, il y a des trucs à voir en RCI : la basilique de Yamoussoukro.
Décidément, rien ne va plus pour l'acier allemand : ni le béton parisien, ni le bois ivoirien ne lui réussissent.

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vendredi 9 mai 2008

Encore plus au Nord !

Opération de présence. Sous ce sobriquet politiquement correct se cache la sombre réalité d'une difficile mais nécessaire mission. Comme son nom l'indique, et c'est là TOUT ce que cet espèce de fieffé connard se contente d'indiquer, l'OP consiste à bouger ses jolies fesses (en ce qui me concerne) hors du quartier à Abidjan et de passer un certain temps, loin, au contact de la population.
C'est l'occasion d'effectuer de menus travaux, de recueillir du rens dans des coins rarement voire pas du tout fréquentés par la soldatesque franque.

J'avais juste envie de vous montrer mon couteau mytho : /

Notre objectif était le pittoresque village de Niofoin, à 1h de piste à l'ouest de Korogho, incontournable métropole du grand nord du pays.
Et là, mes fidèles, oh, là, on a eu tout loisir de découvrir la face noire de l'expression "Opération de présence".
Une lourde semaine de préparation logistique pour percevoir les rations, les packs d'eau qui devaient assurer notre quotidien sur le terrain, percevoir les véhicules, bien sûr, puis les remplir. Tout prévoir : le groupe électrogène, les trois remorques citernes de 1500 L chacune pour la toilette et la douche, etc. Faire ses sacs, évidemment, avec assez de change pour deux semaines au cas où il n'y ait pas moyen de laver le linge sur place.

Bref, ce sont trois longues rames, une par peloton, d'une quinzaine de bouzins chacune, qui s'élancèrent vers le Nord ce dimanche 6 avril. 650 km de trajet en deux jours, avec une pause à mi-parcours à Bouake (là où périrent 9 des notres lors du bombardement en 2004, si vous vous souvenez).

La belle photo du jour, prise au camp, à Bouake.

Aussi près de la frontière avec le Mali, la végétation se raréfie, s'assèche, proximité avec le Sahel oblige, pour ressembler à une espèce de savanne en plus boisé. Moins d'humidité donc des nuits plus fraîches, des fringues et des plaies qui sèchent plus vite, et la douce brise du matin qui fait du bien : un temps d'été dans le sud chez nous, en fin de compte.

Mais la clémence du climat ne devait pas nous faire oublier notre situation : nous étions censés passer dix jours à l'opposé de la civilisation, à bouffer ces putains de rations laxatives, nous douchant à la pompe, dormant dans une vieille école abandonnée (lire : un bâtiment de 50m²), s'occupant la journée à réparer tout et n'importe quoi pour prouver que la France, c'est trop chouette.

Une partie de notre rame... oui je sais c'est pauvre en photo, je me rattrape au prochain coup.

Ne croyez pas un instant que je me plains : au contraire, j'attendais ça avec impatience. Loin des cons et des tours de garde, à se faire la bite sur le terrain, je dis oui et je me ressers ! Comment dire non à une occasion manifeste de bronzer et de sculpter mon corps ? Et puis, on est militaires ou guichetiers à la poste ? Merde alors, on a signé pour ça, non ?
Non, si je la joue Cosette c'est pour que vous preniez conscience d'à quel point cette mission est à des lieues de votre ennuyeux quotidien métro-fac/boulot-dodo. Et aussi pour que vous ressentiez l'état d'esprit qui était le nôtre lorsque nous passâmes le check-point d'entrée de Niofoin... vous comprendrez mieux le... choc.

Mais ça, vous le saurez au prochain épisode !

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dimanche 27 avril 2008

L'Homme au Nord

Re-coucou, les gens !
Avant de vous abrutir avec le navrant récit de mes aventures dans la riante bourgade de Nifoin, il faut que je vous raconte la semaine au camp de Lomo Nord, pas très loin de Toumodi. Vous allez me dire, 1) mais où est-ce, Toumodi ? réponse : sur la route de Bouake, à un poil de cul de Yamoussoukro; 2) mais c'était quand, ça ? réponse : du 1 au 8 mars. Vive les informations de dernière minute.

Les 200 km de bitume s'étalant entre Abidjan et Toumodi se révélèrent fort heureusement de bonne facture. Comprenez par là de la même facture qu'une départementale au fin fond de la Creuse. L'Ivoirien, être espiègle s'il en fut, appelle ça une autoroute, mais bon, les us et coutumes, hein, comme on dit..
Ce ne sont pas les quelques trous ni la végétation envahissante qui allaient ralentir la rapide progression de notre (long) convoi. J'ai ainsi pu pousser ma Sagaie jusqu'à 100 km/h, rah, lovely.
La plus amusante partie d'un trajet par ailleurs monotone fut la courte piste, dans les 15 bornes, séparant Toumodi et le petit village de Lomo Nord (et oui, il existe un Lomo Sud, avant que vous ne posiez la question avec votre air bête). Miam les trous, miam les flaques, miam la territe plein la gueule, bref, du pilotage comme je l'aime et comme j'aimerais pratiquer plus souvent !

Ci-dessus, un camp de réfug.. pardon, mon lit.

Je passe sur l'installation et la vie quotidienne sur le camp, à base de garde alternée comme d'hab'. J'ai barré deux autres jobs de ma longue liste : barman et berger. Barman, car il fallait bien tenir la popote, qui a tourné à fond la caisse. Quant à berger, ce fut court mais intense : il a bien fallu chasser ces connes de chèvres du camp, hein. Merci pour que dalle, les barbelés.

Ci-dessus, des caprins manipulateurs et du barbelé aisément corruptible.


Toutefois l'activité majeure de la semaine était pour une fois le coeur de notre métier : un tir de niveau 5. Je n'expliquerai pas en détail les 4 précédents, sachez juste que les tirs sont classés par ordre d'importance, de matos impliqué, etc. Pour vous faire une idée de l'ampleur de la chose, je précise que j'aurai énormement de bol d'en refaire un au cours de ma carrière, et à peu près aucune chance d'en faire en France. Et au vu des moyens employés et des dizaines de milliers d'euros (les vôtres) en obus, munitions, carburant littéralement partis en fumée pour l'occasion, c'est compréhensible.

Et quels moyens, mes féaux ! 10 obus par Sagaie plus 100 bastos pour la 7.62 coaxiale, plus l'escouade qui nous accompagne (FAMAS, 7.62 et grenades à fusil), appuyés par l'infanterie sur VAB (tir au FAMAS, 7.62 et 12.7), groupe de tireurs d'élite sur PGM et FR-F2, avec intervention des hélicoptères Gazelle au canon de 20 et tir de mortier pour le final !
Si avec tout ça vous n'avez pas choppé une trique monstrueuse, vous avez au moins une occasion béton pour fouiller Wikipedia et comprendre ce que je viens de dire.


Les temps forts de la manoeuvre ? J'en vois deux surtout : mon dépucelage (ah, désolé, commencez pas à sauter au plafond, je parle de tir canon) tout d'abord, et putain, ça dépote sa mère ! BOOM et ce clinquaillement métallique si caractéristique, et l'odeur de la poudre, RAH Y'A BON. L'onde de choc des tirs des engins voisin ricochant sur le blindage, c'est pas mal aussi. Il me tarde de vivre ça en Leclerc, le calibre étant plus important (90 vs 120mm), mais la Sagaie étant un bestiau léger, ça secouait bien comme il faut quand même.

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Comme promis, vue du tir de l'intérieur \o/

Second et pas de beaucoup : la relève sur position par hélicoptère Puma. Entrée dans l'hélico en ambiance tactique (comprendre : mytho), et c'est parti pour 4 minutes de vol de la zone d'exercice au camp. Trop, trop court, mais qu'est-ce que c'était bon, on sentait le pilote qui connaissant sa bestiole ! Parce qu'à cette vitesse, à 30m du sol, avec des virages qui me mettaient face à face avec le sol, faut maîtriser. Une expérience à vivre avec la chevauchée des Walkyries en tête, of course.

Dernière chose intéressante de cette semaine (outre que pour contrebalancer la tuerie que fut ce tir, c'est là que j'appris qu'on jouait les prolongation pour un mois), le voyage retour. Cette fois-ci c'est mon chef de char qui pilotait, j'étais donc à sa place. Debout sur le siège.

Voyez le m'sieur à gauche dans la tourelle ? Là. Même posture. Sauf que pendant 230 bornes, et à 95 km/h. Débile ? Ah oui, complètement, le moindre coup de frein m'envoyait balader vingt mètres en l'air, mais putain de bite, quel bonheur : D !

Allez, je vous quitte avec une belle photo pour montrer qu'on cache parfois une âme de poète sous le pare-balle en kevlar :



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samedi 5 avril 2008

Oh, un article !

Quasiment un mois, je ferai mieux la prochaine fois c'est promis. Surtout qu'à part de la garde et des patrouilles, je n'ai pas fais grand chose d'intéressant ces derniers temps, ce qui m'a encore moins motivé à raconter le séjour à Lomo Nord.

D'ailleurs, je m'enfuis demain matin au nord-ouest du pays, dans un village paumé dans la brousse, pour deux semaines. On appelle ça une opération de présence, terme tout à fait transparent puisqu'on se déplace vraiment pour montrer qu'on est là et qu'on aime beaucoup la population. Aw, votre dispensaire a besoin d'un coup de peinture ? On est là. Le toit de votre école tombe en ruine ? On est là. La charette du voisin est cassée ? On est là.

C'est beau, c'est français, c'est de la communication.

Bien sûr, je n'emporte pas mon portable, le groupe électrogène qu'on embarque étant plutôt destiné à faire fonctionner le frigo de campagne. Donc, deux semaines où je devrais avoir """""normalement"""" que ça à foutre de mon temps libre que d'écrire une paire de brouillons d'articles. ça et me moquer des séropositifs. Je verrai.

Pour ceux qui n'étaient pas au courant, au fait, la mission ici est prolongée d'un bon mois et la dernière rumeur officielle fait état d'un retour aux alentours du 7 Juin.

Voilà, je vous laisse avec quelques photos de dimanche dernier. Ah oui, car dimanche dernier, c'était un journée spéciale peloton, payée par l'Etat, et donc par vous (merci). Nous sommes allés farnienter au soleil dans une marina au bord de la lagune à 90 bornes à l'est d'Abidjan, là où fut tourné les Bronzés 1 si vous voulez tout savoir. On a beaucoup, beaucoup souffert. Oh, ce qu'on a souffert. D'ailleurs, j'ai pris un coup de soleil. Si. Quand je vous le dis, que je sacrifie mon corps au service de la patrie : D

Simple photo où je ne fais pas vieux beau du tout, n'en déplaise à certaines personnes habitant des coins reculés du massif central.

(oui alors en fait, je suis parfaitement capable de photographier autre chose que ma tronche, mais c'est tellement bien fait que pourquoi s'en priver, hein ?)

J'ai reçu des centaines de mails me demandant des photos topless, dont acte. Par contre tombez pas amoureuses trop vite, en ce moment c'est overbooked. Sauf si vous êtes jolies.

Alors celle-là c'est vraiment pour vous montrer à quel point le matos règlementaire est moche... oui, c'est le maillot qu'on perçoit dans le paquetage initial : /

Photo censée prouvée que je ne suis pas comme un autiste tout seul avec son APN dans son coin.

Activité fort sympathique de l'après-midi, tractage par un hors-bords... tout simplement monstrueux : D

A bientôt !

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mercredi 12 mars 2008

Du CAML (2) pour de vrai !

Lieu maudit, au delà de toute rédemption car même le Christ-Roi renonça jadis à le sauver, le CAML abrite des espèces animales et végétales dont la seule mention suffit à calmer les plus récalcitrants, parodies grotesques de la Création. Abandonnées par un Dieu veule pour une faute dont les âges ont englouti la mémoire, elles furent récupérées, perverties, corrompues par le Malin (le Malin ne peut créer, néanmoins il assure quand il s'agit de foutre le bordel).

Je ne peux résister à l'envie de vous faire partager ce passage de l'Evangile selon Saint Chuck Norris. Jésus roulait tranquillement sur l'autoroute Melun-Bethléem quand le GPS de Paul fit des siennes, et ils se retrouvèrent au CAML.
"Et le Seigneur dit à ses Disciples, avides de Sa parole :
En vérité je vous le dis, je suis tel le bon berger menant les moutons. Sale est mon slip mais sûr est mon Oeil. Et ici, ça pue la mort.
Et Robert demanda : que faut-il faire ?
Et le Seigneur dans son Amour lui dit :
En vérité je te le dis, une armée des hommes s'établira ici dans 2000 ans, et ce sera bien fait pour leur gueule. En attendant, nous, on rentre à Nazareth et si y'en a un qui reparle de ça à qui que ce soit, je plante sa soeur"

Et Jésus est quelqu'un connu pour avoir toujours raison, le consensus est général à ce propos.

En lieu et place d'un bien classique classement de type " du moins évolué au plus évolué" (et donc de la flore à la faune), je procèderai du moins agressif au plus agressif. Et je peux d'ores et déjà vous assurer que la bataille pour la première place fut aussi rude que celle que je menai contre ces saloperies.

Le crapeau-bête :
La nuit, des légions de petits crapeaux se manifestent, sans bruit, mais pas sans ressorts. En effet, la principale activité de la plus bête des formes de vie de ce top est le saut, si possible 14 atosecondes avant que le pied ne l'homme ne l'écrabouille. Il est donc hilarant de lui courir après, sauf si l'on vous regarde, auquel cas paye ta honte. Le crapeau-bête gagne 2 points pour "roxxance bondissante" : une boule de 4*4*5 cm qui bondit à 80 cm, je dis ch(r)apeau.

Un crap... ah non, c'est une grenouille. Oui ben, je fais ce que je peux.

La poule-bête :
C'est une poule. Non, vraiment, les permanents du CAML hébergent une putain de poule. Je ne m'étendrai pas sur la stupidité légendaire de la poule. Elle ne dépasse d'un point le crapeau-bête que grâce à une astuce fun. Astuce connue comme le loup blanc mais que je n'avais point eu l'occasion de voir auparavant. Elle consiste à cacher la tête du bestiau sous son aile avant de la bercer. Quelques allers-retours, on pose, et elle ne bouge plus. Plus. Bref, une poule (et merci au chef pour la technique !). 4 points parce qu'elle ne fait pas exprès de ne pas être agressive.

Oui, je pousse le vice jusqu'à vous montrer la photo d'une poule.

L'oiseau-moi :
Mettons-nous d'accord, je suis très mal placé pour critiquer la mégalomanie, l'égocentrisme, l'ultratrophie du moi de l'oiseau-moi. Je pense vous l'avoir prouvé à moultes reprises (ie, toutes les trois phrases). Mais jamais, au grand jamais je n'ai eu la bassesse, la faiblesse d'âme de ce piaf. Ses CONgénères et lui ont passé quinze jours perchés sur les rétroviseurs des P4. Quinze jours à se regarder dans ces foutus rétros. Q-u-i-n-z-e. 7 points à l'oiseau-moi pour avoir grillé le précédent record tenu par Tom Cruise, sur le narcissomètre de mon PC.

Les pythons :
Les serpents ont une place à part dans l'imaginaire collectif, notamment judéo-chrétien. Chez nous, malgré une taille et une dangerosité minimes, on leur jette de l'ail, des crucifix, on les pend place de Grève avant de se laver les yeux à l'eau bénite, souillés qu'ils sont d'avoir vu si mauvaise bête. En Afrique, ils les bouffent. Au CAML, et bien, ils les hébergent aussi.
Deux pythons vieux de trois mètres et longs de plus de dix ans coulent des jours tranquilles dans la cage de la photo ci-dessous. Matez-moi ça, n'a-t-il pas un sourire adorable ? Awwww.
10 points pour Gryphon... pardon, 10 points pour le couple de pythons, c'est vraiment en souvenir du péché originel, pour avoir trompé Eve. Non, sérieux, c'est naze de s'en prendre aux plus fragiles mentalement.

Il est pas mimi ? 3m de long, mine de rien, le con.

La Terreur des Berges :
Une horreur reptilienne sans nom, plus vieille que l'homme et plus féroce. Qui ne craint pas le crocodile n'a jamais eu à traverser une rivière Africaine...
Oui, un de ces titans du fleuve a trouvé refuge au CAML. Qui chantera les prouesses de celui qui le prit au piège ? Qui honorera la mémoire du sacrifice des soldats et des locaux qui le traquèrent sans relâche ? Pas moi, car se situer si bas dans le classement, ça cache quelque chose. Non, parce que, entre un monstre du Nil de 7 m et le gayzor d'1 m 30 du CAML, y'a un monde.

No comment tellement j'ai honte pour lui.

Le plus dangereux, c'est sa capacité à se téléporter à volonté. Je ne l'ai pas vu remuer le moindre muscle de deux semaines, ou donner un quelconque signe de vie. Pourtant, il changeait régulièrement de place... 14 points au croco en raison de son potentiel latent. On verra, oh oui, on verra si les gogols au potail me traiteront de raciste quand je reviendrai dans 5 ans et qu'il sera adulte et bien dressé.

Le Manguier tueur :
La mangue,à la base, n'est pas l'entité la plus agressive qui soit. Elle est même fort sympathique en bouche, et convient parfaitement en robe Dior pour les soirées de monsieur l'ambassadeur. Je connais des mottes de beurre et certains enjoliveurs de marque japonaise qui ne peuvent pas en dire autant.
Accrochée à son arbre ivoirien, la mangue tombe le masque et se révèle une prédatrice implacable. Voici son mode d'attaque : dès qu'un 1ère classe charismatique et envoûtant (au hasard, moi) effectue sa patrouille à proximité, le manguier tueur largue une salve de semonce. C'est une ruse : le bâtard est en train d'ajuster son tir. Qui plus est, l'arbre est parait-il un nid, que dis-je, un HLM à mambas verts, attendant patiemment que la sentinelle soit assommée par les fruits pour la dévorer.
Je donne 32 points au manguier tueur en raison de son faible rayon d'action : il n'y en a qu'un sur le camp. Et puis, le pouvoir de destruction de la mangue est loin d'égaler celui de sa rivale...

Non, sérieux, il a pas un profil de psychopathe ?

Le Cocotier tueur :
Vous vous en souvenez, le CAML est planté au beau milieu d'une cocoteraie de plusieurs hectares. Et le camp lui-même compte quelques de ces dangereux spécimens névrophiles. Le modus operandi est très proche de celui du manguier, les mambas en moins. Proche, mais tellement plus dévastateur. Le cocotier tueur a pour lui le nombre, le poids de la munition et la distance noix-tête (plus importante que le manguier). 40 points pour l'hostilité faite plante.

Vu, les trois enculés qui attendent de racine ferme les baigneurs inconscients ?

La mouche tueuse :
Tout le monde connait l'expression "enculer les mouches" qui conspue la tendance de votre interlocuteur à s'accrocher à des points de détail insignifiants de votre discours.
Et bien, il y a des eons, en Afrique, un copain de classe de Lucy a littéralement enculé une mouche. S'adapter ou mourir, a dis Darwin (ou était-ce Himmler ?). Et bien, cette mouche s'est adaptée, lentement. Dans le secret des siècles, sa descendance a ruminé sa sombre vengeance. Elles se sont multipliées, multipliées et l'heure venue, ont fondu sur la douce Afrique comme un escadron de missionnaires sur un village animiste. Repues de sang et de larmes, elles se sont retirées, peu apaisées de leur festin et avides de chair fraîche et exotique.

Ceci est à mon sens l'explication la plus plausible à la cruauté malsaine de ces saloperies d'insectoïdes de mierda. J'ai eu le malheur de m'écorcher le genou, et, pays sous-civilisé aidant, la cicatrisation ne fut et n'est toujours pas aussi prompte qu'espérée. Et tu vois pas que ces connes de mouches, par escadrilles de deux/trois, venaient se coller à la plaie quand le destin me forçait à me balader en shorts ? MERDE A LA FIN, CHUIS PAS UN STEAK !
Autre explication : elles avaient aussi faim que les Ivoiriens eux-mêmes. Verdict : 27 000 points.

Outsiders :
Je remercie les participants suivant qui ont vaillament défendu leur pain.
- l'amandier tueur, à même pas 10 mètres du manguier. Mais sans les serpents, le poids des munitions ou la classe de ses mentors. L'utilisation de tactiques minables le relèguent hors catégorie. Sa spécialité est de faire tomber les amandes sur le toit de tôle juste au-dessous, provoquant un boucan apte à faire psychoter la plus ferme des sentinelles, la nuit.
- le varan-bête. Alors lui rate tous les tests hormis celui de la suprême imbécilité. Déjà, je ne l'ai pas vu au CAML mais au 43ème bima à Abidjan, pendant une garde. Et j'ai été déçu : je m'imaginais les monstrueux dragons de Komodo, 3 m, friands de petites filles. Je suis tombé sur un atrophié du bulbe d'1m20 à tout péter, con comme son prépuce. A ma vue il tenta désespérement de s'enfuir, luttant tel un demeuré pour passer le grillage aux mailles un poil trop serrées pour lui. J'ai regretté de ne pas avoir mon appareil photo, la vidéo aurait fait un carton sur youtube.

Ainsi se termine le récit de ma vie au Centre d'Aguerrissement en Milieu Lagunaire. La prochaine fois, ma vie à Lomo nord !
Cya.