samedi 17 mai 2008

Encore plus au nord (2) :

Re ! Tout le monde a en tête la rusticité de la vie qui m'attendait, magistralement explicitée dans l'article précédent ?
Oubliez. Vous auriez du vous douter que ça se passe pas comme ça avec moi. J'ai la gueule d'un lapin de six semaines ? Merci.

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L'école désaffectée ? Nope, on a dégoté une brave auberge dans Niofoin même, qui n'avait pas vu de clients depuis 2002. Forcément, on a eu du mal à dormir entassés... à 2 ou 3 par bungalow.
Laissez tomber les citernes, elles ne risquaient pas de servir, il y avait l'eau courante, la douche, et les WC dans les piaules. Quant à l'électricité, on disposait carrément de la clim' : D
Les rations, elles, s'échangeaient pour bien moins que dans le sud, mais suffisamment pour assurer les appros quotidiennes de fruits, légumes, et surtout viande. Oh, la viande. Chevreau, porcelet à la broche, poulets braisés, brochettes... que du 100% bio.


Je vous plains, vous n'avez même pas l'odeur...

Les bouteilles de Cristaline furent de leur côté vite complétées par leurs copines Flag, Fanta, Coca et autre. Hé, quand on emmène deux frigos et une méga-glacière, autant en profiter !
Quant à l'harassant labeur quotidien, heu... alors, harassant, non, labeur, non, et quotidien, non plus. Une patrouille dans les alentours par jour, et basta. Ce qui n'occupait même pas les 2/5è des effectifs, et je vous laisse donc imaginer l'intense productivité des 3/5è restants, dont je faisais partie (à part deux pauvres matinées).


On est en place où on ne l'est pas. A gauche, les bungalows, à droite notre minibar Custom.

Mais alors, me direz-vous, qu'ai-je bien pu branlé ? Rien. Roh putain ouais, rien. Ah si, à un moment, j'ai tourné la broche. Et j'ai débarassé la table ! Et j'ai mangé, oh, ce que j'ai mangé. Presque autant que ce que j'ai dormi. Juste en dessous, ex aecquo, le bronzage et le pompage.

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Ci-dessus, je fais d'une pierre trois coups, prouvant tout à la fois que OUI JE BOSSE, NON je ne sais pas piocher du tout, les manches de pioches sont inadaptés aux grandes tailles.

Hélas, il y a bel et bien une justice. Tout se paye, et la fatidique journée du 14 Avril, je rachetai dans la souffrance ma paresse. A deux reprises.
- En laissant 10cm² d'un mollet par ailleurs puissant et généreux sur le pot d'échappement d'une saloperie de mobylette (ah je vous avais pas dis ? On en avait loué une aux gendarmes du coin, ça donne un genre quand on se balade dans le village). Il se trouve que c'était la première (et la dernière) fois que je montais sur un deux-roues à moteur. Je grimpe à l'arrière, je subis ma glace comme un bon gros psycho pendant les cinq minutes nécessaires pour faire l'aller-retour au centre du village, et, en redescendant, tel le roi des connards, je me brûle sur ce con de pot de merde. J'ai même pas eu droit aux soins de la (jolie) infirmière qui nous accompagnait (ah ça non plus j'avais pas dis ?).


Bien cachée sous nos fesses, la mobylette. Bien cachée sous mon treillis, la brûlure.

- Quelques heures après, et alors que les 14 mètres cubes de biafine n'avait pas totalement pénétré ma chair meurtrie, je, j'ai... bon, je sais pas ce qui m'a pris, et me demandez pas de détail, mais je me suis taillé avec un ciseau à ongle. La décence et ma fierté m'empêchent de préciser plus avant la localisation de la blessure. Mais c'était loin des ongles.

Passons.

Allez, quelques anecdotes en vrac, comme le "footing" avec les gendarmes ivoiriens, qui a pu mettre à mal le stéréotype tenace du Noir doté de deux coeurs et trois poumons. Bon, peut-être qu'avec des baskets, nourris, hydratés et tout, ils auraient mieux couru, mais ça ne nous regarde pas.

Oui, le mec en béret a couru avec. Ils sont pas tranquilles.

Le coup du général multi-étoilé, patron de toutes les forces françaises en RCI, qui débarque à Niofoin pour dire coucou et qui croise deux collègues sur la mobylette, sans casque ni béret, c'était pas mal non plus.
"mes respects mon général"
"vous êtes soldats français ?"
"heu... oui mon général"
"et vous n'avez pas de casque ?"
"heu... non mon général"
"elle est à qui cette mobylette ?"
"heu... on l'a loué aux gendarmes"
"oui et bien vous filez la leur rendre et vous rentrez à pied"
"reçu mon général"
Inutile de dire qu'ils ont gardé la mob, non, mais.
Ensuite, et bien, les plus assidus se souviendront des cinés-quartiers, à Abidjan. Il se trouve qu'on en compait une équipe, parmi nous, avec tout son matos. Regarder Transformers sur un écran de 4x3, en plein milieu de nulle part, ça a quelque chose de surréaliste et d'éminement roxxatif.

Voilà, rien de bien intéressant concernant le voyage retour, à part les deux chèvres rapportées par d'autre pelotons (!). Profitez bien de tout ça, parce qu'il ne me reste que trois semaines sur le territoire, et à part une semaine à Lomo Nord comportant un tir FAMAS, il n'y aura rien d'excitant à vous mettre sous la dent !

Je vous laisse sur ces photos en vrac :
Le peloton au complet avec la brave aubergiste, Elisa, au milieu.
Oui, les autres pelotons ont ramené deux chèvres Oo.
Alors là, j'ai aucune explication valable. La proximité avec le Mali et le Sahara : / ?
Cette photo est censé dissiper certains préjugés concernant l'osmose bière/soldat.
Ah forcément ça marche moins bien comme ça. Et on a pas l'air con, au milieu de la route, quand le général passe (mais non je suis pas un chat noir).
Village typique. Les trucs bizarres, ce sont des espèces de silos fourre-tout.
Et oui, il y a des trucs à voir en RCI : la basilique de Yamoussoukro.
Décidément, rien ne va plus pour l'acier allemand : ni le béton parisien, ni le bois ivoirien ne lui réussissent.

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vendredi 9 mai 2008

Encore plus au Nord !

Opération de présence. Sous ce sobriquet politiquement correct se cache la sombre réalité d'une difficile mais nécessaire mission. Comme son nom l'indique, et c'est là TOUT ce que cet espèce de fieffé connard se contente d'indiquer, l'OP consiste à bouger ses jolies fesses (en ce qui me concerne) hors du quartier à Abidjan et de passer un certain temps, loin, au contact de la population.
C'est l'occasion d'effectuer de menus travaux, de recueillir du rens dans des coins rarement voire pas du tout fréquentés par la soldatesque franque.

J'avais juste envie de vous montrer mon couteau mytho : /

Notre objectif était le pittoresque village de Niofoin, à 1h de piste à l'ouest de Korogho, incontournable métropole du grand nord du pays.
Et là, mes fidèles, oh, là, on a eu tout loisir de découvrir la face noire de l'expression "Opération de présence".
Une lourde semaine de préparation logistique pour percevoir les rations, les packs d'eau qui devaient assurer notre quotidien sur le terrain, percevoir les véhicules, bien sûr, puis les remplir. Tout prévoir : le groupe électrogène, les trois remorques citernes de 1500 L chacune pour la toilette et la douche, etc. Faire ses sacs, évidemment, avec assez de change pour deux semaines au cas où il n'y ait pas moyen de laver le linge sur place.

Bref, ce sont trois longues rames, une par peloton, d'une quinzaine de bouzins chacune, qui s'élancèrent vers le Nord ce dimanche 6 avril. 650 km de trajet en deux jours, avec une pause à mi-parcours à Bouake (là où périrent 9 des notres lors du bombardement en 2004, si vous vous souvenez).

La belle photo du jour, prise au camp, à Bouake.

Aussi près de la frontière avec le Mali, la végétation se raréfie, s'assèche, proximité avec le Sahel oblige, pour ressembler à une espèce de savanne en plus boisé. Moins d'humidité donc des nuits plus fraîches, des fringues et des plaies qui sèchent plus vite, et la douce brise du matin qui fait du bien : un temps d'été dans le sud chez nous, en fin de compte.

Mais la clémence du climat ne devait pas nous faire oublier notre situation : nous étions censés passer dix jours à l'opposé de la civilisation, à bouffer ces putains de rations laxatives, nous douchant à la pompe, dormant dans une vieille école abandonnée (lire : un bâtiment de 50m²), s'occupant la journée à réparer tout et n'importe quoi pour prouver que la France, c'est trop chouette.

Une partie de notre rame... oui je sais c'est pauvre en photo, je me rattrape au prochain coup.

Ne croyez pas un instant que je me plains : au contraire, j'attendais ça avec impatience. Loin des cons et des tours de garde, à se faire la bite sur le terrain, je dis oui et je me ressers ! Comment dire non à une occasion manifeste de bronzer et de sculpter mon corps ? Et puis, on est militaires ou guichetiers à la poste ? Merde alors, on a signé pour ça, non ?
Non, si je la joue Cosette c'est pour que vous preniez conscience d'à quel point cette mission est à des lieues de votre ennuyeux quotidien métro-fac/boulot-dodo. Et aussi pour que vous ressentiez l'état d'esprit qui était le nôtre lorsque nous passâmes le check-point d'entrée de Niofoin... vous comprendrez mieux le... choc.

Mais ça, vous le saurez au prochain épisode !

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dimanche 27 avril 2008

L'Homme au Nord

Re-coucou, les gens !
Avant de vous abrutir avec le navrant récit de mes aventures dans la riante bourgade de Nifoin, il faut que je vous raconte la semaine au camp de Lomo Nord, pas très loin de Toumodi. Vous allez me dire, 1) mais où est-ce, Toumodi ? réponse : sur la route de Bouake, à un poil de cul de Yamoussoukro; 2) mais c'était quand, ça ? réponse : du 1 au 8 mars. Vive les informations de dernière minute.

Les 200 km de bitume s'étalant entre Abidjan et Toumodi se révélèrent fort heureusement de bonne facture. Comprenez par là de la même facture qu'une départementale au fin fond de la Creuse. L'Ivoirien, être espiègle s'il en fut, appelle ça une autoroute, mais bon, les us et coutumes, hein, comme on dit..
Ce ne sont pas les quelques trous ni la végétation envahissante qui allaient ralentir la rapide progression de notre (long) convoi. J'ai ainsi pu pousser ma Sagaie jusqu'à 100 km/h, rah, lovely.
La plus amusante partie d'un trajet par ailleurs monotone fut la courte piste, dans les 15 bornes, séparant Toumodi et le petit village de Lomo Nord (et oui, il existe un Lomo Sud, avant que vous ne posiez la question avec votre air bête). Miam les trous, miam les flaques, miam la territe plein la gueule, bref, du pilotage comme je l'aime et comme j'aimerais pratiquer plus souvent !

Ci-dessus, un camp de réfug.. pardon, mon lit.

Je passe sur l'installation et la vie quotidienne sur le camp, à base de garde alternée comme d'hab'. J'ai barré deux autres jobs de ma longue liste : barman et berger. Barman, car il fallait bien tenir la popote, qui a tourné à fond la caisse. Quant à berger, ce fut court mais intense : il a bien fallu chasser ces connes de chèvres du camp, hein. Merci pour que dalle, les barbelés.

Ci-dessus, des caprins manipulateurs et du barbelé aisément corruptible.


Toutefois l'activité majeure de la semaine était pour une fois le coeur de notre métier : un tir de niveau 5. Je n'expliquerai pas en détail les 4 précédents, sachez juste que les tirs sont classés par ordre d'importance, de matos impliqué, etc. Pour vous faire une idée de l'ampleur de la chose, je précise que j'aurai énormement de bol d'en refaire un au cours de ma carrière, et à peu près aucune chance d'en faire en France. Et au vu des moyens employés et des dizaines de milliers d'euros (les vôtres) en obus, munitions, carburant littéralement partis en fumée pour l'occasion, c'est compréhensible.

Et quels moyens, mes féaux ! 10 obus par Sagaie plus 100 bastos pour la 7.62 coaxiale, plus l'escouade qui nous accompagne (FAMAS, 7.62 et grenades à fusil), appuyés par l'infanterie sur VAB (tir au FAMAS, 7.62 et 12.7), groupe de tireurs d'élite sur PGM et FR-F2, avec intervention des hélicoptères Gazelle au canon de 20 et tir de mortier pour le final !
Si avec tout ça vous n'avez pas choppé une trique monstrueuse, vous avez au moins une occasion béton pour fouiller Wikipedia et comprendre ce que je viens de dire.


Les temps forts de la manoeuvre ? J'en vois deux surtout : mon dépucelage (ah, désolé, commencez pas à sauter au plafond, je parle de tir canon) tout d'abord, et putain, ça dépote sa mère ! BOOM et ce clinquaillement métallique si caractéristique, et l'odeur de la poudre, RAH Y'A BON. L'onde de choc des tirs des engins voisin ricochant sur le blindage, c'est pas mal aussi. Il me tarde de vivre ça en Leclerc, le calibre étant plus important (90 vs 120mm), mais la Sagaie étant un bestiau léger, ça secouait bien comme il faut quand même.

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Comme promis, vue du tir de l'intérieur \o/

Second et pas de beaucoup : la relève sur position par hélicoptère Puma. Entrée dans l'hélico en ambiance tactique (comprendre : mytho), et c'est parti pour 4 minutes de vol de la zone d'exercice au camp. Trop, trop court, mais qu'est-ce que c'était bon, on sentait le pilote qui connaissant sa bestiole ! Parce qu'à cette vitesse, à 30m du sol, avec des virages qui me mettaient face à face avec le sol, faut maîtriser. Une expérience à vivre avec la chevauchée des Walkyries en tête, of course.

Dernière chose intéressante de cette semaine (outre que pour contrebalancer la tuerie que fut ce tir, c'est là que j'appris qu'on jouait les prolongation pour un mois), le voyage retour. Cette fois-ci c'est mon chef de char qui pilotait, j'étais donc à sa place. Debout sur le siège.

Voyez le m'sieur à gauche dans la tourelle ? Là. Même posture. Sauf que pendant 230 bornes, et à 95 km/h. Débile ? Ah oui, complètement, le moindre coup de frein m'envoyait balader vingt mètres en l'air, mais putain de bite, quel bonheur : D !

Allez, je vous quitte avec une belle photo pour montrer qu'on cache parfois une âme de poète sous le pare-balle en kevlar :



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dimanche 3 février 2008

Bon anniversaire !

Et oui, malgré l'abyssal manque de news récentes, justifié par mon sens profond de l'honnêteté qui m'interdit d'inventer pour compenser une actualité morose, je suis toujours en vie, et voilà maintenant un mois que je squatte ce merveilleux pays, la RCI.
Un mois riche en découvertes variées, qui a filé à la vitesse de la lumière, et je n'ai pourtant quasiment rien fait ni vu. Enfin, les deux prochains mois devraient être bien remplis, je vous tiendrai au courant, of course !

Quant à ces derniers jours, que dire ? Ce fut une pénible mais nécessaire semaine de garde, et pourquoi vous casserais-je les nouilles avec ça, alors qu'à chaque fois, ce n'est pas moi qui reçoit de la pisse fraîche ou qui prend une balle dans le bras ? Hein ? Bon.

Ah si, distrait que je suis, j'allais oublier ma fantastique activité de samedi dernier : maçon. Je vais revenir de ce trou à rats avec assez d'expérience pour réclamer deux demi-douzaines de CAP différents. L'ivoirien étant notoirement incapable d'executer des tâches complexes (vivement qu'on remette le protectorat), j'ai du suer eau et eau pour faire du béton, travail s'inscrivant dans la réalisation d'une portion de rue d'Abobo.
J'ai ainsi pu goûter, lors d'une pause, à la cuisine locale. Ou plus précisément, j'ai mangé un sandwich.

Il y a une subtile différence entre un sandwich, et un sandwich à Abobo, réalisé devant vos yeux à un coin de rue sur une table de 1m² sur laquelle sont posés deux trois plats contenant la garniture, en plein soleil et alors que la science n'a probablement pas assez de mots latins en réserve pour nommer les bactéries logées sous les ongles de la vendeuse. Et cette subtile différence ne s'explique pas, elle se ressent au plus profond de soi, ça vient des tripes, ça part des tripes, ça fait toute la tuyauterie et ça se répand en cascade liquide et nauséabonde dans les waters.

Voilà, pas grand chose de plus à vous mettre sous la dent, à part les quelques photos ci-dessous. Une pensée pour les camarades au Tchad en ce moment qui doivent en péter de ne pas avoir l'autorisation de vider leur chargeurs sur ces idiots de rebelles.

http://intrepid.acenet-inc.net/~lekoursk/photos/RCI/random.jpg
Photo fort inutile mais j'aime bien.

http://intrepid.acenet-inc.net/~lekoursk/photos/RCI/frag.jpg
http://intrepid.acenet-inc.net/~lekoursk/photos/RCI/ryan.jpg
Chose promise, chose due, deux photos du D-Day de la semaine dernière (je suis dans la barque conduite par le vilain moche en blanc).

http://intrepid.acenet-inc.net/~lekoursk/photos/RCI/abobo.jpg
Voilà, vous êtes contents ? Vous avez envoyé du riz à l'époque et à cause de vous y'en a plein, maintenant.

http://intrepid.acenet-inc.net/~lekoursk/photos/RCI/tankiste.jpg
Et je finis les photos et l'article du jour avec, forcément, la photo mytho classe qui va bien. Enjoy.

Cya, peeps !

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lundi 21 janvier 2008

En vrac

Bien, un peu de tout et de rien cette fois-ci. Juste une petite précision à propos des dates des articles : c'est pas du tout la date de post mais celle de création de l'article. Oui, il s'est écoulé une semaine avant que je poste celui-ci, oui, je sais, et alors : D ?

1e classe Oggy et les cafards :
Voici le reportage évoqué la dernière fois...

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Rien à rajouter, si ce n'est que l'astuce certes efficace d'entourer les pieds de lit de mousse à raser pour les empêcher de grimper ne les empêche pas de tomber du plafond.

Alex le Gentil Organisateur :
Lorsque j'ai effectué ma FGI, les classes donc, on nous a affirmé que nous serions formés tout au long de notre carrière. C'est parfaitement exact. Cette semaine j'ai effectivement vu une facette de mon boulot que je ne connaissais pas : assistante sociale. Ou mieux : animateur de quartier.
Mardi soir, j'étais dans un quartier pauvre (ahah, c'est tellement redondant) d'Abidjan pour projeter un film en plein air. N'étant pas intermittent du spectacle, mon rôle se limitait à surveiller le matos et faire de grands sourire à tous les pauv... à tous les gens. Ca m'a permis de constater que les enfants tout maigres avec un gros estomac existaient ailleurs qu'à la télé.

Si je trouve l'initiative charmante, je ne la vois pas comme faisant partie intégrante du boulot de mili... j'aurais plutôt vu une ONG s'occuper de ça (avec pourquoi pas une escorte légère au cas où). Je ne polémiquerai pas car je sais quels intêrets sous-tendent une telle action, ce n'est qu'une opinion.

Il faut sauver le soldat Alex :
Woah, je suis en forme pour trouver les titres de mes sous-parties, dites donc ! Hey.
Jeudi matin, j'ai pu suivre une fort intéressante formation sur l'embarquement dans une barque, le débarquement et l'abordage d'une plage. Ce n'était qu'une initiation, parce que ne durant qu'une seule mâtinée, et parce que je ne suis pas fantassin, mais on s'est bien fait plaisir comme il faut. Voici les petites choses qu'il fallait retenir :

-> La rangers française, notre chaussure officielle, est parfaitement étanche. Une fois que l'eau a est rentrée, elle ne ressortira plus.
-> On peut flotter, et même nager, avec le casque lourd et la frag (petit nom de notre gilet pare-balle de 15 kilos).
-> La lagune d'Abidjan ne décrochera pas son Pavillon bleu cet été.
-> S'empêtrer les pieds dans les roseaux et tomber à genoux dans l'eau quand on aide à porter un élément de pont de 175 kilos n'engendre pas forcément les éclats de rire escomptés pour tout le monde.

On a bien fait les mythos au niveau des photos, c'est juré vous en aurez une sur laquelle je figure, avec le casque, la frag, la saleté et Aphrodite (mon flingue).

Foot :
Et bonne chance aux collègues qui demain disputeront un match de foot (en ce moment c'est la CAN, qui passionne les Ivoiriens) contre des jeunes d'un des quartiers de la ville (le même que celui impliqué avec le film).
On espère un match équilibré, les jeunes s'entraînant toute la journée, mes collègues étant nourris et dotés de chaussures.

Tophos :
Et la sélection de photos de la semaine pour finir :

http://intrepid.acenet-inc.net/~lekoursk/photos/RCI/borg.jpg
Ca c'est pour le côté soldat insensible au coeur de pierre, aux nerfs d'acier, aux couilles en béton et avec tout un tas d'autres pièces non-organiques.

http://intrepid.acenet-inc.net/~lekoursk/photos/RCI/mytho2.jpg
Le nom de la photo est assez équivoque XD

http://intrepid.acenet-inc.net/~lekoursk/photos/RCI/deux.jpg
Ici avec un frère d'armes de type viking. Ma taille mais vingt kilos de plus. Ah, comme j'avais aimé la fois où, en guise de boutade, il m'avait soulevé de terre. D'un seul bras. En me tenant par les burnes. Sigh.

Alex, out

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samedi 19 janvier 2008

De la vie quotidienne

Non, je ne fus pas été au Cameroun. Pourquoi ? Ah, comme j'aimerais vous répondre... mais si la DGSE lit ce blog, je me retrouverai dans une mine d'uranium au Kazakhstan, et même si le Kazakhstan est la (je cite) "greatest country in the world, all other countries are run by little girls), je préfère la France. Pourquoi ? Ah, comme j'aimerais vous répondre...

Bien. Nonobstant ce léger changement de mon emploi du temps, ma vie ivoirienne continue, lancée telle un train magnifique sur la voie ferrée de la roxxance (avec en bonus, je le rappelle car c'est le fil rouge de notre émission, du paludisme).

En quoi est-elle consistée, cette vie trépidante ? De petits tous, de grands riens, de beaucoup de n'importe quoi et d'ordinateur, de cirage de rangers et d'une bose dose de mégalomanie en ce qui me concerne.

Voici donc un petit panel de ce que j'ai vu, appris, fais pendant les deux dernières semaines.

La faune :
Quand Alfred a tourné les Oiseaux, c'est le monstre pris en photo ci-dessous qui occupait ses pensées. Avant de partir, on m'avait mis en garde contre le paludisme, les petits culs des ivoiriennes et les balles d'AK-47. Personne, et je parle pas d'Ulysse, n'a pris la peine de nous raconter les horreurs de la Mésange Stuka.

Fer de lance de la Blitzkrieg en 39/40, le Stuka bombardait en piqué les alliés terrorisés, toutes sirènes hurlantes.
La Mésange Stuka fait bien pire. Volatile névropathe et très certainement communiste, ce dangereux spécimen complètement dépourvu d'émotion est capable de provoquer chez n'importe quelle personne saine d'esprit une peur primale, sans nom, que ne connaissait alors notre pauvre humanité décadente et fragile qu'au travers de monstres mythiques tels Cthulhu, les 4 cavaliers de l'apocalypse et Chuck Norris.
Aux bribes de récits, entendues le soir autour du feu, je ne prêtais pas attention. Allons, un oiseau gros comme le poing et qui vous attaque en piqué, arrachant vos orbites avant d'y pondre une larve qui vous dévore lentement, vous transformant en.. non, vraiment, je me disais "ahah, quels cons ces troupes de marines, le soleil a bien entamé leur dure-mère".

MAIS CA, C'ETAIT AVANT QUE DEUX DE CES CONNARDS DE PIAFS DE MERDE PLONGENT DANS MON PUTAIN DE PLAT 5 MINUTES AVANT LA FIN DE MON REPAS ET EN FOUTENT PARTOUT JUSTE AVANT DE SE BARRER COMME DEUX PEDALES. MERCI, BANDE D'ENCULES DE SALOPERIES D'OISEAUX DE MES BURNES.

Monde de merde.

Ci-dessus, la terrible Mésange Stuka. Hors-cadre : bain de sang.

Continuons avec un habitant plus sympathique de ce merveilleux pays. Enfin, sympathique. Disons plutôt que ce lézard (oui, il s'agit d'un lézard) n'est pas, comme tout ici d'ailleurs, tout seul dans sa tête. Psychorigide ? Oui, oui, j'aime ce terme, je l'approuve.

Cette bestiole, coloriée n'importe comment par un Dieu sous ecstasy, est une victime, cependant, et non un bourreau à l'image de la volaille précédente. Victime d'un environnement militaire on ne peut plus... militaire, le lézard pompeur a la particularité, vachement bien indiquée par le sobriquet dont je l'ai affublé, de, ahem, faire des pompes.

Non, mais,
littéralement faire des pompes. Cet espèce de laissé pour compte de l'évolution (et non, le Massif Cental, vous n'êtes plus seuls !), de sous produit génétique, a tellement peu de personnalité et d'amour propre que dès qu'il s'arrête de courir comme un con pour vérifier si son poursuivant a bel et bien cessé de le poursuivanter, il fait des pompes sur les pattes avant. Et puis repart vers des lendemains meilleurs, plus fort et plus TTA que jamais.

Je regrette de n'avoir qu'une maigre photo à vous montrer, mais fi. Mine de rien, le petit paltoquet mesure facile 30 cm voire plus pour certains.


Le lézard pompeur au repos.

La prochaine fois, nous découvrirons ensemble le serpent qui fait des tractions, l'antilope qui fait des abdos et pire, vous découvrirez en video, en chair et en chitine, des cafards.

My mission. It is not my war, my colonel :
Je... non, il n'y a rien à rajouter.

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Trois jours plus tard, je me faisais effectivement niquer en train de lire, et j'ai repris 24h de garde. Les cafards me manquaient tellement. (alex, gros con, alex, gros con, alex, gros con, ad lib)

Sur ce... France ici Alex, je sors du réseau radio, terminé.

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jeudi 17 janvier 2008

Du voyage (2)

Et bien, et bien, pas de nouvelles depuis dimanche, et ça ne va pas aller en s'arrangeant, vu que je pars pour le Cameroun. Oui mais me direz-vous, "hein ?". Il s'agit d'une mission de courte durée, de l'ordre d'une semaine, pendant laquelle je n'aurai pas le net. Je ne peux pas vous en dire plus. A ce rythme, en février j'irai faire trois jours en Iran, début mars je m'occupe de la Corée du Nord et fin avril promis, je détruis l'Empire intergalactique.

Bref, assez parlé de mois, et revenons plutôt à moi, et à cette somme toute bien dense seconde partie de mon voyage.

Seconde partie (vient après la première, contrairement au Lycée) :
Ce lundi 7 janvier restera dans toutes les mémoires, ou du moins, dans la mienne, comme le jour du départ. Whoa, no shit, Sherlock !
Il était tôt, très tôt (ahah, tréteau) lorsque le bus nous emmèna loin du Fort de l'Est, à l'aéroport Roissy Charles De Gaulle ou quelque chose comme ça. A croire que l'énarque qui a pondu le nom du bouzin était payé à la ligne (et ne confondons pas avec le brochet, qui lui est pêché à la ligne).
4 petites heures plus tard (sic) j'étais sis dans un magnifique Airbus aux couleurs de la république, avec des compagnons d'autres régiments, qui s'en allaient tout comme moi suivre leur destin noir africain (et impaludé).

Dirai-je ô combien je me fis chier la rate au carré ? Non, trois fois non, je ne le dirai-je pas. Mais putain, qu'est-ce que je me fis chier la rate au carré ! Pour vous dire, j'ai falli succomber et regarder le film projeté, alors même que j'avais cru y voir Ben Stiller. Brr.
Le plus intéressant, aussi, ne fut pas spécialement le pur produit de 5 générations d'amours consanguines que se trouvait être mon voisin (persuadé, le fou, que sa vie me passionnait), mais bel et bien les informations de vol.

Je vous les retranscris ici dans leur vérité crûe :
Hauteur de vol : 11000 mètres. 11000, code postal de Carcassonne. Holy fuck !
Température : -50 PD°C (pour Putain De Degrés Celsius)
Heure, Temps de vol restant, Trajet restant : oui alors là, désolé mais ça changeait tout le temps.
Edifiant, n'est-ce pas ?

Bref, comme disait Pépin, après 4800 km effectués en 5H et 45 minutes, l'avion s'est posé sur la piste en, heu, je sais pas quoi mais pas de qualité européenne, vomissant ses 300 passagers (à la louche, et puis ça fait une référence excellente à un film qui ne l'est pas moins) avides de mer, de sexe et de soleil.
Et là, mes amis, ça a fait "erf". Sachez que ça fait toujours "erf" quand vous passez d'une atmosphère de 20°C à sa copine de classe de 32°C. Erf est suivi dans les 5 secondes d'un regard entendu au camarade le plus proche.

Le camp du 43ème Bataillon d'Infanterie de Marine, ou 43è BIMA est situé à pas 2 kms de l'aéroport. La pitite portion de route nous en séparant fut donc une parfaite occasion de découvrir Abidjan. Et là, c'est la déception : en fait, c'est vraiment "comme à la télé". L'odeur en plus. C'est sale, c'est pauvre, et, les pauvres n'ayant aucun goût, c'est moche. Mon brave cerveau de mouton occidental à la solde du grand Capital ne trouva de répit qu'une fois à mon régiment d'accueil, que je savais pourvu des derniers raffinements que notre civilisation supérieure peut apporter : internet, de l'eau en bouteille et des noirs qui font la lessive.

Et pour résumer le finish ? Installation dans les chambres (de 8, mais je m'en fous j'ai un mini bureau pour l'ordi !), premières consignes, et roulez jeunesse !

Voilà, je ne vous retrouve pas avant une semaine a priori, soyez sage, et yo wesh wesh t'as vu, kas-dé-di à Marcel, le lavandier ivoirien d'en face, qui nous ramène niquels chrome le soir les vêtements sales déposés le matin ; )

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vendredi 11 janvier 2008

Du voyage (1)

AHAHAHA !
Oui, j'existe, toujours, encore et plus fort. Et je suis actuellement à Abidjan, ville qui est une franchise de la holding bien connue des Cercles de l'Enfer. Grâce au sacrifice d'un rein et à la vente de mon âme, deux articles qui vous en conviendrez, et si vous en conviendrez pas ça va mal se passer, ne me seront d'aucune utilité ici, j'ai réussi à me procurer un peu de nourriture et une connection à l'Interweb.

Vous serez donc ravis d'apprendre que je vais bien, et je sens déjà pointer sur vos lèvres toutes douces LA question : "lol ya dé renois mdr ?". Oui, il y en a. Mais entre nous c'est vraiment une question de naze, et j'ai horreur d'être lu par des nazes. Enfin. Si toutefois la question était, "est-ce que comme Ulysse, heureux, tu as fais un beau voyage ?", vous en avez de la chance, je vais y répondre plus longuement.

Demain.

...

AHAHAHAH bis, je vous ai bien eu. Nan, je vais vous conter ça en deux parties...

La première partie :
Tout le monde s'en souvient, je travaille, ou plutôt, je m'occupe de manière ponctuelle et grassement rémunérée, du côté de Marseille. Il était donc parfaitement logique, ce dimanche 6 janvier 2008, de partir en bus pour Paris. Paris.
C'est à ce moment là que j'ai compris que la Fée qui s'était penchée sur cette délicieuse escapade possédait un CAP de l'école du rire. Ou elle avait bouffé un clown. Ou elle était ronde comme une queue de pelle (c'est connu, les pelles, ça se roule). Ou elle était née un 26 octobre.

Comment décrire 13 heures d'autoroute en autocar... prenez la sympathique émission Des Chiffres et des Lettres. Passez-la en boucle pendant une demi-journée. Vous obtiendrez un aperçu de brouillon de commencement d'essai d'ersatz de protoype d'esquisse de ce qui s'est passé dans ce bus dès lors que la batterie de mon excellent portable Dell (pub gratuite) a rendu l'âme (3h).

Mais parfois les mots sont impuissants à rendre compte de la dureté de certaines situations (notamment le diamant. C'est très dur.). Je vous propose de visionner ce petit quelque chose, qui vous atteindra je n'en doute pas au fond d'un coeur que je devine partiellement encombré de cholestérol.

Edit : ah, notre service technique me fait savoir que suite à une connection de merde l'upload de la vidéo relève du parcours du combattant et que, comme il est hors de question que je fasse un parcours pour VOUS, vous ne la verrez pas de suite. Jamais, s'il faut. Sorry !

Enfin bon, après ce trajet, passionnant s'il en est, nous fûmes (avant que la vie te fume) hébergés près du Stade de France, au Fort de l'est, car il est de tradition en France de placer une caserne près d'un stade. C'est tout à fait normal, car parfois s'y déroulent des matchs de foot, et c'est pas des gens comme nous.
Aussi, je trouve extrèmement suspecte la présence de "^" dans "fûmes". Heureusement que je ne me trompe jamais.

La fin de soirée et la "nuit" passées sur place ne sont absolument pas dignes d'intêret, sauf si vous êtes fétichistes de, heu, moi. Toujours est-il qu'après maints et fastidieux temps d'attente, nous étions réunis devant l'aéroport Charles de Gaulle le lundi 7, vers trop-tôt du matin...

La suite plus tard. Dès que ça me sera arrivé. Ahem, dès que j'aurai envie. Ahem, dès que mon harassant job m'en laissera le temps. Si je suce le geolier. Bye !

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samedi 5 janvier 2008

On the move

Bonjour mes ouailles, et au revoir.

D'ici une paire d'heures je retourne en caserne, de là je prends le n'autocar jusqu'à Paris, décollage prévu de Charles de Gaulle lundi !

Je ne sais absolument pas quand je pourrai profiter d'internet, une fois sur place, mais dans le doute, actualisez cette page au moins 40-45 fois par jour.

Pour ceux qui ne s'en souviendraient pas, la touche F5 est placée de manière tout à fait idoine entre la touche F4 et F6.

See you soon : p

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mercredi 26 décembre 2007

De la Sagaie

Hier, c'était Noël. Je sais pas vous, mais j'ai été super gâté : deux photos d'enfants ouvrant leurs paquets et on a fait une virée à Auchan pour respirer bien fort le parfum des oranges. Best. Nowel. Ever.
De ? Pardon ? Tu t'en fous ? Tu veux que je te parle du monstre d'acier et de feu qui me permettra d'être plus convainquant, là-bas, quand je demanderai mon chemin (cf épisode précédent) ? Tu veux des récits qui sentent l'huile et la poudre, hauts en couleur, qui te fassent rêver parce que ton deux pièces avec vue sur Fleury-mérogis a, malheureusement, vue sur Fleury-mérogis ? Ahah, arrête. Tu es fou. Tout ça va trop vite...

Bref. J'irai droit au but : je pars en tant que pilote d'un engin blindé : la Sagaie. La vie est un concours de bite gigantesque, c'est un fait, nous sommes d'accord. Il peut s'avérer utile d'avoir un gros calibre, ça calme l'atrophié du paf d'en face. Et bien là c'est pareil. Je vais donc vous initer aux mystères des arcanes de la Sagaie, et en passant plus de tutoiement, ça vous fera les pieds.

Historique :
En 1970, alors qu'il ne se passait tranquillement rien (même le 26 Octobre), l'armée française décida d'organiser un concours. Mais pas n'importe quoi, un truc sérieux, un concours de véhicules blindés. La firme Panhard, qui, contrairement à ce que son nom laisserait entendre, n'ouvre pas son recrutement aux podologues, remporta ce concours avec brio. Malgré les rumeurs persistantes de triches, pots de vin (l'arrière-grand père d'un certain Général possédait, comme par hasard, une Panhard Dyna), l'armée lui confia donc le soin de réaliser le fameux ERC 90 Sagaie.
9 ans plus tard débutait la production en série. Nous sommes en 2007. On l'utilise toujours. Snif :')

Une Sagaie. Vous pensiez vraiment échapper à cette blague ?

Quelques cart.. cacra... caractéristiques :
Blablabla elle fait 8 tonnes, 7m de long avec le canon, elle a 6 roues, elle a un canon de 90mm rayé qui est une merde infâme à nettoyer, (et d'ailleurs j'en profite pour adresser officiellement ma menace d'émasculation à l'ingénieur perfide (anglais, très certainement) à l'origine de cette insulte à tout ce qui existe), y'a plein de jus dans son réservoir, on est trois dedans, elle fait le café, tu gagnes au PMU ta femme reviens et Charlize Theron accepte la sodomie.

Nan mais je veux dire, soyons sérieux cinq minutes, y'a rien de plus chiants que les détails techniques, c'est fait pour les geeks, pour les nerds, pour les inaptes à la vie qui croient qu'elle se résume à ses caractéristiques techniques. Et le pire de tout, là-dedans, c'est que je suis incapable de trouver une manière comique de les présenter ! Oh oui, je pourrais exagérer, genre elle pèse 12 grammes, un champ de force me protège contre les missiles et elle mesure 400m de long, voire Ta Mère en Sagaie.

Sauf que ça ne ferait rire que les plus névropathes d'entre vous. A moins que vous ne soyez tous des névropathes, auquel cas je vous demanderai de bien vouloir revenir sur doctissimo.fr

Oh tiens non, j'ai une idée, plutôt que de me réfugier derrière l'humour pour ne *pas* lister les caracs de cette saloperie de Sagaie, je vais la jouer Big Brother : mon sens aigu du devoir, l'impérieuse nécessité et les ordres péremptoires de ma hiérarchie m'interdisent de vous communiquer des détails qui pourraient mettre en danger la vie de mes camarades et la mienne en particulier.

Yay ! Vous ne savez toujours pas la composition ou l'épaisseur du blindage avant de la Sagaie, mais au moins, vous savez maintenant écrire le mot "péremptoire".

Mon amour-propre blessé :
[emo]Oui, ça par contre il est primordial que le monde entier entende ma complainte. Oh, je pourrais en noircir des pages et des pages, mais les images parleront pour moi.
Comment expliquer ? Mes fans, et notamment toi, petite coquine dont le crétin congénital qui te sert de copain est au bar au lieu de te faire découvrir la brouette tonkinoise (crétin !), auront consulté mon profil et noté que ma profession est "Pilote XL".
Ca ne veut pas dire que je suis gros. Je ne suis pas gros. Je suis grand et svelte et bien dessiné. Pas gros. Cela signifie qu'au départ, je pilote le fleuron de l'Arme Blindée Cavalerie française, le char Leclerc. Je n'ai passé la qualification Sagaie que grâce à/à cause de la Côte d'Ivoire.

Et... et... non, vraiment, je n'ai pas le coeur à en dire plus.



A droite, le Leclerc, à gauche la Sagaie.











A gauche le Leclerc, à droite la Sagaie.









Et votre serviteur désabusé aux commandes, 25 minutes avant que le réservoir de liquide de frein ne lui explose dessus, ruinant sa parka, SALETE D'ENGIN POUR ROMANICHEL RWANDAIS DE MERDECREDI RESTONS POLI AAAAAAAAAH !

Vous comprenez, maintenant ? [/emo]

Bon, voilà, j'en ai à présent terminé avec les articles de présentation, puisque vous savez tout sur moi, sur la RCI, sur pourquoi j'y vais et avec quoi. Je n'en sais pas assez sur mon logement sur place, ça attendra donc l'arrivée sur place. Oh, ne désespérez pas, je ne dis pas que je vous laisse en plan jusqu'à mi-janvier, je ne suis pas si sadique. Wait and see ; )

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lundi 24 décembre 2007

Du rôle des GFADLP en RCI

Oui, j'ai menti, j'ai dis, jeudi, voire même, je dis, que je ferais un article le vendredi. Je ne l'ai pas fais. Ni samedi. Pourquoi ? C'est important. Je comprends la déception, j'aurais probablement entamé une grève de la faim ou frappé un aveugle dans un cas similaire.
Mais il faut savoir aller plus loin que la douleur. Quelle est la morale de ce "lapin", comme on dit, que je vous ai posé ? Que la vie, elle est pas facile, on a pas toujours ce qu'on veut, et retenons cette phrase de Spinoza (qui a donné son nom à un dinosaure, le spinosaure, qui était très malin) toujours très inspiré de bon matin : "putain Simone, fais moi pas chier et sors ces poubelles de merde".
Oui, Spinoza était vulgaire. C'est pour ça que je ne lis que de l'heroic fantasy. Bref.

Rentrons donc dans le vif du sujet, que le titre ci-dessus résume si tant tellement bien. Commençons si vous le voulez bien par un point de vocabulaire :

GFADLP : Glorieuses Forces Armées De La Patrie.

L'armée française. Mais si, rappellez-vous, les mecs qui monopolisent la rue, là, à Paris, en été, tous les ans. Qui enlèvent les galettes de pétrole sur les plages moches, pardon, bretonnes. Qui nettoient après les inondations. Qui sauvent le monde. Qui 100 balles et un mars. Bah, voilà, eux.

Et donc, nous intervenons en RCI. Pourquoi faire me direz-vous ? C'est vrai, pourquoi passer l'hiver là-bas ? Mh ? Un pays où coule le lait et le miel, sauf qu'à la place du lait et du miel, c'est du paludisme et des Kalashnikovs ?
Voici l'histoire :

Aux origines :
En 1993, suite à un accident de pneu, le charismatique leader de la Côte d'Ivoire décède. Au même moment, une enquète du NCIS de Lubigny sur Orbiel (Meuse) fait éclater au grand jour le fameux scandale des agents infectieux du Hezbollah, pardon, de l'ébola présents dans le chocolat. 8,5 milliards de boîtes de Banania sont rappellées, brûlées vives dans de gigantesques autocafés (oh oh oh), faisant chuter le cours du cacao (et du tirailleur sénégalais), ruinant ainsi la RCI encore en deuil de son leader, charismatique faut-il le préciser.


La charismatique leader de la Côte d'Ivoire. Je jure sur mon honneur que je ne sais absolument pas ce qu'on lui tend, mais il a l'air content. C'est déjà ça, parce que PUTAIN MOI CA ME FOUT LES CHOCOTTES.


Ensuite, il se passe plein de choses probablement en rapport avec l'histoire, mais vous vous en tamponnez l'oigne au whisky. En tous cas, moi oui. Fast forward jusqu'à l'an 2000, le 26 octobre. Le 26 octobre est vraiment un jour de merde, puisqu'il voit tour à tour la naissance de Mitterand (1916), l'élection de Lénine à la tête du PC (1917) et pire, la sortie en France du dernier tome d'Harry Potter (2007). Hors, la catastrophe du crû 2000 de ce bâtard de 26 octobre, c'est l'accession au pouvoir de Laurent Gbagbo, qui d'ailleurs y est toujours.

2 ans plus tard, moins de dix jours avant que je ne fête mes 17 ans, la guerre civile éclate, coupant le pays en deux parts égales, loyalistes au sud et rebelles au nord, comme un couteau couperait du beurre (en deux parts égales). Et c'est à ce moment-là que Zorro va arriver...


Ci-dessus : ce salopard de 26 Octobre. En filigrane : des citoyens exprimant leurs convictions avec force. Un 26 Octobre. J'aurais pas confiance.

La France intervient :
Oui, et ce dès le 22 Septembre 2002. Mais au début, c'est uniquement pour protéger nos cons patriotes qui vivent sur place, les célèbres ressortissants (du verbe ressortisser, "vivre en Côte d'Ivoire alors qu'on est Français"). 2500 grognards poilus sont envoyés.
Suite à un cessez-le-feu moins respecté qu'un feu rouge à Marseille, la France décide de convier les deux camps en présence à Marcoussis (oui, là où s'entraîne le XV tricolore) en Janvier 2003. Et retenez les dates ou on va pas s'en sortir.
Le médiateur français, Sébastien Chabal, nourri au Yoplait toute la semaine précédente, sut trouver les arguments percutants pour parvernir à un accord. Tu parles. 1500 hommes supplémentaires prennent l'avion pour Abidjan et ça mijote tranquillement sur feu moyen jusqu'à novembre 2004...


Debout sur des tessons de verre en fusion, Chabal mène des négociations serrées.

Epilogue (contient des traces d'arachide) :
Le 6 novembre 2004, le très désagréable Gbagbo fait bombarder l'aéroport de Bouaké, tuant 9 soldats français, en blessant 37 autres. 15 minutes plus tard, les deux appareils sont détruits et un dixième cercle de l'enfer est ouvert pour les fils de chiens qui les pilotaient, avec les derniers raffinement et tout et tout.
La situation est très tendue jusqu'au 9-10, avec les manifestations anti-nous qui vont bien, les tirs dans la foule, les embryons pendus place de Grève, etc
Depuis, ça c'est calmé progressivement, mais nous sommes toujours sur place au cas où ça chierait dans la colle (encore). Et tous les 4 mois, la relève ! J'en reviens donc à ma chère personne, tout au bout de cette longue chaîne de relèves, qui va pourfendre du... rien du tout parce que je suis pas là pour ça, à partir de Janvier 2008 !
Surtout que 2008 va être une grande année, puisqu'ils sont censés avoir des élections présidentielles (ces grosses tâches vont nous les coller le 26 Octobre, vous allez voir). Fuck yeah, démocratie !

Demain, ou un jour, ou peut-être jamais, je vous apprendrai la recette du disque dur aux morilles. Ou bien, et c'est plus probable, je vous parlerai du monstre d'acier et de feu qui me permettra d'être plus convainquant, là-bas, quand je demanderai mon chemin.

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jeudi 20 décembre 2007

De la RCI

La Côte d’Ivoire est un merveilleux pays. Malheureusement, aucun site internet digne de confiance ne s’est avéré à même de me fournir les plus basiques des informations concernant le dit pays, qui je le rappelle, est merveilleux. Même google (faites-le test vous même, c’est édifiant) s’est révélé incapable de trouver la moindre esquisse de brouillon de début de commencement de résultat.

Hors, il est bien connu que si google ne trouve pas quelque chose, c’est parce que ça n’existe tout simplement pas.

De fait je m’intéresse tellement à la Côte d’Ivoire, merveilleux pays s’il en est , que le ministère de la Défense a pris sur lui de m’y envoyer, 4 mois, à partir de début janvier 2008.

Je me dois donc de vous présenter quelque peu le coin, mes vaillants camarades et moi-même ayant bénéficié d’un excellent topo durant la préparation au départ. Bien sûr, vous n’aurez droit qu’à une version édulcorée, je ne vais pas non plus laisser partir dans la nature des connaissances ultra-secrètes telles que le nombre de BMP possédés par les loyalistes, le numéro privé de Laurent Gbagbo ou les plans pour installer une base nucléaire alien en plein milieu de… heu… bref, ça non plus.

Bien !

Général :
La République de Côte d’Ivoire est un merveilleux pays d’Afrique, ce qui commence bien, et particulièrement peuplée d’Ivoiriens, ce qui est quand même pas mal.
C’est un pays carré, d’où une forte proportions de militaires, gens étrangement attirés par tout ce qui est carré. Ou alcoolisé. Ou qui a des seins. Peu importe.
La capitale n’est pas Abidjan mais Yamoussoukro (mais c’est à Abidjan que je me rends. Enfin, je me rends, on s’est compris, hein).

Ci-dessus : un Ivoirien lambda

Ce pays, merveilleux il faut le rappeler, est, on s’en serait douté, composé de plus de 857 000 ethnies. Je crois. Par prudence, en cas de contact direct et prolongé avec l’habitant, je ferai comme si je savais (je me trimballe toujours avec un faux doctorat d’ethnologie dans la poche).
En outre, il n’y a pas « une » grande religion sur-représentée. Et malgré cette situation de choix, les Ivoiriens ne passent pas leur temps à se massacrer allègrement pour des motifs et raciaux et religieux. Quel gâchis. On sent bien que les efforts des colons n’ont laissé qu’une bien mince couche de vernis civilisateur, et c’est un gouffre qui les sépare de la douce Europe balkanique.

Ci-dessus : paysage Kosovar. Non-apparent : des corps déchiquetés.
Histoire :
On s’en fout.

Économie :
La RCI est le premier producteur mondial de cacao, se place pas mal niveau café, caoutchouc, banane, or, diamant, pétrole et reins.
En outre, elle a récemment développé son industrie de pointe avec de nombreuses avancées dans le domaine des nanotechnologies, de la robotique, de l’exploration spatiale, et des techniques de production des machettes (outil local).
Mais tout ceci n’est qu’une façade. Suite à des accords spéciaux avec le Nigéria, la RCI est depuis 2006 le second pays producteur de Scams 419 au monde, activité constituant près de 74% du PNB.
Le pays est aussi un important importateur de… tiens, c’est pas facile à dire, ça, « important importateur ». Ou pire, un « important importateur importun ». Woah. Oui, donc, il importe au taquet de soldats. Burkinabes, Français, Casques bleus, Libérians, tout le monde se presse au portillon suite à une production locale déficiente en quantité comme en qualité.

Culture :
Oui, comme tout le monde, ils connaissent. Oh bien sûr ils n’ont pas les rendements monstrueux de la Beauce ou du middle-west étasunien mais ils mettent en valeur leurs champs comme personne.

Politique :
Laurent Gbagbo, surnommé le « boulanger » de par sa propension à rouler les autres dans la farine, est toujours président, et Guillaume Soro, ex-chef des rebelles, est son premier ministre. Au cours de l’année prochaine sont censées se dérouler des élections présidentielles…
Bah oui quoi, vous croyez sincèrement que je ne vais raconter QUE des conneries ?

La prochaine fois, on verra ce que je vais faire là-bas. Oui, on sait jamais, y’aura peut-être des intéressés.

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